Arrêté alors qu’il tenait un drapeau israélien, un Montréalais poursuit la Ville

Daniel Bercovici a été arrêté alors qu’il tenait un drapeau israélien lors d’une course cycliste à Montréal. L’accusation portée contre lui a été abandonnée après que ses avocats ont produit une vidéo, et il poursuit maintenant la Ville et quatre policiers pour 86 301 $ CA.
Bercovici, 47 ans, affirme que des policiers qui auraient dû le protéger d’une foule hostile l’ont au contraire jeté à terre, arrêté, puis ont inventé un récit pour le justifier. Sa poursuite, déposée devant la Cour supérieure du Québec, a été rapportée par CTV News le 23 octobre.
Un spectateur avec un drapeau
Les faits se sont déroulés le 14 septembre 2025, au Grand Prix Cycliste de Montréal, au pied du mont Royal. Bercovici était venu encourager l’équipe cycliste Israel Premier Tech. Des manifestants hostiles à Israël s’étaient rassemblés le long du parcours pour protester contre la participation de l’équipe à la course.
Selon la poursuite, des policiers ont abordé Bercovici sans motif, l’ont plaqué au sol, fouillé et arrêté. Pendant que les agents l’emmenaient, des manifestants auraient tenté de le frapper avec les hampes de leurs drapeaux. Il a ensuite été accusé d’entrave au travail d’un agent de la paix.
La vidéo qui a changé l’affaire
La version policière, telle que décrite dans la poursuite, reprochait à Bercovici d’avoir insulté et provoqué des manifestants, d’avoir agité son drapeau de manière agressive et d’avoir ignoré les ordres. Bercovici rejette ce récit. Selon sa requête, les policiers ont rédigé leurs rapports de mémoire, des heures après l’arrestation, sans notes prises sur le moment, et ont construit une justification après coup.
Sa défense a remis aux procureurs des images vidéo et des photos de ses blessures. Le 9 juillet 2026, un procureur a examiné ces éléments. Le 28 juillet, la poursuite a retiré l’accusation en invoquant la vidéo. Des images consultées par CTV montrent des policiers éloignant des manifestants un homme portant un drapeau israélien.
Ce qu’il réclame
Bercovici réclame 86 301 $ CA en dommages compensatoires et punitifs à la Ville de Montréal et à quatre policiers. La poursuite invoque un usage excessif de la force, une fouille et une arrestation illégales ainsi qu’un récit fabriqué des événements. La police de Montréal a refusé de commenter, l’affaire étant devant les tribunaux. Israel News Pulse n’a pas pu trouver de manière indépendante d’informations sur une réaction de la Ville de Montréal ni sur l’identité des policiers impliqués.
Une ville marquée par les attaques antisémites
L’affaire survient dans une ville où les Juifs sont pris pour cible à répétition depuis le massacre du 7 octobre. En novembre 2023, des coups de feu ont été tirés sur deux écoles juives de Montréal, et la Yeshiva Gedola a de nouveau été visée quelques jours plus tard. Des institutions juives ont subi du vandalisme et des menaces, et des manifestations hostiles à Israël ont régulièrement tourné à l’affrontement.
Le 7 octobre 2025, deuxième anniversaire du massacre, des manifestants ont brûlé un drapeau israélien à l’Université McGill. Pour de nombreux Juifs de Montréal, le message de telles scènes est clair : soutenir ouvertement Israël, c’est s’attirer des ennuis.
Le droit de brandir un drapeau
La Charte canadienne des droits et libertés protège la liberté d’expression, y compris le fait de porter des drapeaux et des banderoles en public. Tenir pacifiquement un drapeau national lors d’un événement sportif est exactement le type d’expression que la loi doit protéger. La violence et les menaces, elles, ne le sont pas.
La poursuite de Bercovici pose une question simple aux conséquences importantes : lorsqu’un homme juif tient un drapeau israélien et qu’une foule se retourne contre lui, qui la police protège-t-elle ? Pour les Canadiens juifs et les partisans d’Israël qui veulent afficher leur soutien en public, la réponse compte. Le tribunal devra maintenant décider si la police de Montréal s’est trompée.



