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Flávio Bolsonaro promet de diriger l'opposition brésilienne depuis les États-Unis

Flávio Bolsonaro devant les drapeaux brésilien et américain
Flávio Bolsonaro Avertissement

Le sénateur affirme avoir quitté le Brésil pour protéger sa famille et poursuivre son combat politique. Il accuse Lula et la Cour suprême d'avoir volé une élection dont les autorités ont déclaré Lula vainqueur.

Flávio Bolsonaro affirme qu'il dirigera l'opposition depuis les États-Unis. Il porte ainsi à l'étranger sa contestation de la victoire électorale du président Luiz Inácio Lula da Silva, après avoir accusé le gouvernement et la Cour suprême d'avoir volé le scrutin de dimanche.

Le sénateur, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, a déclaré avoir emmené sa famille aux États-Unis pour échapper à ce qu'il décrit comme une persécution politique. Son message à ses partisans : quitter le pays ne signifie pas renoncer au combat pour son avenir.

Le résultat officiel reste la victoire de Lula. Le Tribunal supérieur électoral du Brésil, connu sous le sigle TSE, a annoncé qu'il avait obtenu 51,79 % des suffrages valides au second tour du 25 octobre, contre 48,21 % pour Bolsonaro.

"Je n'ai pas abandonné le peuple brésilien"

Dans sa déclaration du mercredi 28 octobre, Bolsonaro a présenté son départ comme une décision destinée à préserver sa capacité d'action politique tout en protégeant sa famille.

"J'ai quitté le Brésil, mais je n'ai pas abandonné le peuple brésilien", a-t-il affirmé.

Il a accusé le système judiciaire brésilien d'être utilisé contre les adversaires politiques et soutenu que rester à l'étranger lui permettrait de continuer à organiser l'opposition.

Bolsonaro a remercié le président américain Donald Trump et son homologue argentin Javier Milei pour leur soutien. Il a salué l'accueil reçu aux États-Unis et présenté sa présence sur place comme le début d'une nouvelle phase de son activité politique.

Une revendication de leadership après la défaite électorale

La déclaration de Bolsonaro ne se limitait pas à rejeter le résultat. Il s'est également présenté comme le dirigeant légitime du Brésil, malgré l'annonce du tribunal électoral.

La formulation a changé entre les versions du communiqué. Selon l'AFP, le texte initial le présentait comme le président élu, tandis qu'une version révisée utilisait le mot "dirigeant". Cette modification réduisait la portée du titre qu'il revendiquait sans retirer son accusation de vol électoral.

Le différend sur la prolongation du vote

Une partie centrale de la contestation de Bolsonaro porte sur la décision de prolonger le vote le jour du scrutin. Il a soutenu que modifier l'heure de fermeture en cours d'élection avait compromis l'égalité de traitement des électeurs et demandé l'annulation du scrutin.

La décision a été prise par Cristiano Zanin, juge à la Cour suprême. Le vote a été prolongé jusqu'à 19:00, mais le TSE a précisé que cette mesure concernait uniquement les bureaux où les opérations n'étaient pas déjà terminées à 17:00. Les bureaux fermés ne devaient pas rouvrir.

Agência Brasil a rapporté que les deux équipes de campagne, y compris celle de Bolsonaro, avaient demandé une prolongation face aux difficultés rencontrées par les électeurs. Son article évoquait des problèmes de transport et précisait que Zanin avait clarifié la portée de son ordonnance après avoir appris que certains bureaux avaient déjà fermé.

Bolsonaro a également accusé le gouvernement Lula d'avoir utilisé les ressources de l'État pour influencer l'élection. Son communiqué inscrivait la décision sur les horaires dans une contestation plus large du résultat, plutôt que dans une objection de procédure isolée.

Ce que montrent les chiffres officiels

Le TSE a enregistré 64 256 232 voix pour Lula et 59 826 041 pour Bolsonaro, soit un écart de 4 430 191 voix.

Dans un bilan distinct consacré au vote après l'heure habituelle de fermeture, le tribunal électoral a indiqué que 34 393 suffrages avaient été exprimés après 17:00 dans l'ensemble du pays.

Au vu de ces chiffres officiels, les seuls votes tardifs n'auraient pas pu créer l'avance de Lula. Même s'ils lui avaient tous été attribués, leur total serait resté très inférieur à l'écart entre les candidats.

Un allié prend ses distances avec l'accusation de fraude

Le soutien personnel à Bolsonaro ne s'est pas traduit par une adhésion unanime à son affirmation selon laquelle l'élection a été volée.

Rogério Marinho, chef du Parti libéral au Sénat, lui a exprimé sa solidarité et l'a décrit comme un exilé politique. Il a toutefois refusé de reprendre l'accusation de fraude.

"Le Parti libéral ne peut pas affirmer cela", a déclaré Marinho. "Il n'y a pas de preuves."

Sa réponse illustre une divergence que Bolsonaro devra gérer dans sa tentative de diriger depuis l'étranger. Un allié peut défendre son départ et reconnaître son importance pour la droite brésilienne, tout en refusant sa version du scrutin.

Un appel à l'action pacifique, en attendant une stratégie

Bolsonaro a appelé ses partisans à agir pacifiquement et dans le respect de la loi pendant qu'il prépare la prochaine phase de sa campagne. Cette consigne accompagnait sa demande d'annulation du résultat et son engagement à rester impliqué dans la vie politique brésilienne.

Bolsonaro a promis d'annoncer sa stratégie dans les prochains jours. C'est la prochaine étape concrète proposée à ses partisans, qui attendent de savoir comment il entend mener ce combat depuis les États-Unis.

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