Tsahal se prépare à une guerre surprise et Zamir honore l’analyste autrefois ignorée

Lors d’une réunion de commandants le 4 octobre, Eyal Zamir a appelé à se préparer à une guerre surprise et honoré l’analyste du renseignement dont les alertes avaient précédé l’attaque du Hamas.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a fait de la préparation à une guerre surprise une priorité centrale de planification lors d’une réunion du 4 octobre consacrée aux leçons du 7 octobre, tout en honorant une analyste qui avait averti que le Hamas était prêt à lancer une attaque majeure.
Ce rapprochement avait un sens : l’armée discutait à la fois de sa capacité à réagir lorsqu’elle est surprise et de son traitement des éléments susceptibles d’éviter cette surprise. Reconnaître le mérite d’une analyste et changer le système qui a écarté son alerte sont deux tâches différentes.
Une reconnaissance pour une alerte restée sans suite
La sous-officière supérieure du grade de rav-nagad, publiquement désignée par l’initiale hébraïque de son prénom, « Vav », sert dans l’unité 8200 de renseignement d’origine électromagnétique. Israel.com, citant les propos de l’armée et des informations publiées au même moment, a décrit son alerte comme un élément montrant que le Hamas était prêt pour une vaste offensive surprise. Le site distinguait l’alerte elle-même des décisions ultérieures des officiers supérieurs.
Le Times of Israel a rapporté que de hauts responsables du renseignement avaient rejeté son avertissement selon lequel l’organisation terroriste Hamas disposait d’un plan d’attaque précis. Zamir lui a remis un certificat de reconnaissance lors de la réunion à la base de Glilot, à laquelle assistaient des officiers du grade de général de brigade ou supérieur.
Cette reconnaissance donne un exemple concret au débat sur la culture militaire. La question n’est pas seulement de savoir si une organisation autorise quelqu’un à exprimer une inquiétude, mais si elle examine sérieusement les éléments contradictoires avant qu’une décision ne se fige.
Davantage de forces et une place pour la contradiction
Dans des propos rapportés par Charedim 10, Zamir a estimé que la faible profondeur géographique d’Israël et les menaces sur plusieurs fronts exigeaient une armée plus importante. Il a relié l’augmentation proposée à l’élargissement des missions et au besoin d’une marge de sécurité accrue.
Il a aussi présenté Vav comme un exemple de courage professionnel et intellectuel. Les commandants doivent, a-t-il dit, résister à une culture qui récompense l’accord et étouffe la pensée critique, et exiger la liberté d’expression au sein de leurs unités.
Ensemble, ces propositions répondent à des vulnérabilités différentes. Davantage de forces peuvent accroître la capacité de réaction, tandis qu’une culture de commandement plus ouverte peut augmenter les chances qu’une évaluation dérangeante soit entendue. Aucune mesure ne fournit automatiquement ce qu’apporte l’autre.
Selon le même compte rendu, Zamir a également déclaré que l’armée devait empêcher la surprise tout en se préparant à agir si elle survenait malgré tout. C’est une exigence élevée : la planification ne peut reposer entièrement sur la certitude que le renseignement donnera une alerte suffisante.
Les changements opérationnels à l’étude
Les enseignements plus larges de Tsahal s’articulent autour de la préparation stratégique, de la disponibilité opérationnelle, du développement des forces et du renseignement, selon le compte rendu du communiqué militaire par le Times of Israel. La planification doit privilégier les capacités de l’adversaire et les menaces simultanées, y compris lorsque la dissuasion et les alertes échouent.
L’armée a indiqué que les scénarios de planification seraient réexaminés tous les six mois. Les autres priorités comprennent le renforcement des brigades et divisions territoriales, la défense contre les drones volant à basse altitude et un recentrage du renseignement sur l’établissement de la réalité et l’émission d’alertes.
Il s’agit de priorités annoncées, et non de la preuve que tous les changements sont achevés. La distinction compte pour mesurer les progrès : un scénario révisé peut être rédigé avant que les forces, le matériel ou la formation nécessaires pour y répondre soient disponibles.
La prochaine étape portera sur toute la guerre
PassportNews a rapporté que les organes de l’état-major avaient présenté à la réunion les travaux de mise en œuvre et les mécanismes de suivi. Les commandants ont également observé une minute de silence pour les victimes du massacre du 7 octobre.
La réunion associait donc commémoration et épreuve institutionnelle. Le suivi n’a de sens que s’il permet d’établir qu’une leçon a changé les comportements et qu’un responsable répond d’une faiblesse non résolue. Les comptes rendus publiés décrivent le processus d’examen, mais ne fournissent pas un inventaire public complet des réformes achevées.
La prochaine phase annoncée se prolonge jusqu’en 2027, que Zamir a désignée comme l’année d’examen de l’ensemble de la guerre et des enseignements à tirer dans chaque théâtre et pour toute l’armée. Cet examen plus vaste devra traduire les engagements de la réunion en changements que les commandants pourront démontrer.



