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Le PPE réclame la fin des financements européens aux réseaux islamistes

Un bâtiment parlementaire à la façade vitrée incurvée se dresse à Strasbourg devant une place vide sous un ciel bleu.
Le PPE au Parlement européen Avertissement

Le groupe PPE veut empêcher les réseaux islamistes de recevoir des fonds européens et inscrire des personnes et organisations liées aux Frères musulmans sur la liste terroriste lorsque le droit le permet. Le Parlement a adopté une résolution qui ne crée pas, à elle seule, de sanctions.

Le groupe du Parti populaire européen, première force politique du Parlement européen, a demandé le 8 octobre 2026 de priver de fonds européens les individus et organisations islamistes et de renforcer le contrôle des bénéficiaires. Son communiqué a précédé une résolution adoptée le même jour par 381 voix contre 167, avec 15 abstentions, selon le groupe des Conservateurs et réformistes européens et le Congrès juif européen.

Ce que demande le PPE

Céline Imart, qui pilote ce dossier pour le PPE, a appelé le Conseil à inscrire des personnes et organisations liées aux Frères musulmans sur la liste terroriste « lorsque les règles le permettent ». Elle a distingué l’islam comme religion de l’islam politique, présentant sa proposition comme une défense de la démocratie et de la liberté religieuse.

« Les financements de l’UE ne doivent jamais parvenir à des individus ou organisations liés à des réseaux islamistes », a déclaré Tomáš Zdechovský, porte-parole du groupe pour le contrôle budgétaire. Il demande des vérifications avant l’attribution des subventions, la publication des bénéficiaires et des programmes concernés, ainsi qu’une traçabilité jusqu’au bénéficiaire final.

Le bref communiqué du PPE ne nomme aucun bénéficiaire précis, ne chiffre aucun financement présumé et n’annonce pas d’audit rétrospectif. Ses demandes portent sur l’éligibilité, la transparence et l’arrêt des versements en cas de manquement aux règles.

Les constats des auditeurs européens

Un rapport distinct de la Cour des comptes européenne, publié en 2025, éclaire le contexte. Il relève des informations incomplètes et peu fiables sur les fonds européens accordés aux organisations non gouvernementales, ainsi qu’un manque de transparence sur certaines activités de lobbying et de plaidoyer financées sur fonds publics.

Les auditeurs font état de 7,4 milliards d’euros d’engagements en faveur d’ONG dans les politiques internes de l’Union entre 2021 et 2023, tout en jugeant la vue d’ensemble peu fiable. Ce montant concerne les financements aux ONG en général, pas une estimation des sommes versées à des organisations islamistes. L’audit constate aussi l’absence de vérifications proactives du respect des valeurs de l’Union par les bénéficiaires.

Le ministère français de l’Intérieur a publié son rapport sur les Frères musulmans et l’islamisme politique le 21 mai 2025, après une mission lancée en avril 2024. L’Autriche inclut, depuis 2019, les symboles des Frères musulmans dans sa loi interdisant l’usage de certains symboles. Ces mesures nationales poursuivent des objectifs différents et ne valent pas inscription sur la liste terroriste de l’UE.

Soutiens et objections après le vote

Le groupe des Conservateurs et réformistes européens a salué la résolution le 8 octobre. Son eurodéputé Nicolas Bay a demandé aux autorités d’examiner les liens entre organisations, leur financement et leur accès aux institutions européennes. Le groupe attend désormais une réponse de la Commission et du Conseil aux demandes du Parlement.

Renew Europe soutient également des mesures et veut conditionner les financements et l’accès aux institutions au respect des droits fondamentaux. Son eurodéputée Nathalie Loiseau défend la lutte contre l’influence islamiste, tout en rejetant les amalgames entre islamisme et islam et l’incitation à la haine contre les musulmans.

Les opposants invoquent les libertés publiques. Dans une déclaration commune publiée le 8 octobre par le Forum des organisations européennes de jeunes et d’étudiants musulmans, FEMYSO, des ONG estiment que des accusations vagues pourraient restreindre les financements et la participation démocratique de la société civile musulmane.

Ce qui changerait la situation juridique

Une résolution parlementaire n’inscrit pas, à elle seule, une organisation sur la liste terroriste européenne. Les règles publiées par le Conseil exigent une décision préalable d’une autorité nationale compétente concernant des actes terroristes, qu’il s’agisse d’une enquête, de poursuites ou d’une condamnation. Une décision distincte du Conseil reste nécessaire.

Pour Israël, ce dossier renvoie notamment au Hamas, né en 1987 comme branche palestinienne des Frères musulmans et déjà soumis à des sanctions européennes antiterroristes. Le Congrès juif européen a souligné l’accent mis par la résolution sur les institutions démocratiques, les garanties financières et l’action coordonnée. Reste à déterminer quelles entités précises les autorités pourront identifier et viser dans le cadre juridique applicable.

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