À Hambourg, deux hommes condamnés pour un complot iranien contre des personnalités juives

Un tribunal de Hambourg a condamné deux hommes le 15 octobre 2026 pour une opération des renseignements iraniens visant d'éminentes personnalités juives et pro-israéliennes. Ali S. a écopé de huit ans et six mois de prison, et Tawab M. de quatre ans et six mois.
Parmi les cibles figuraient Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, et Volker Beck, président de la Société germano-israélienne et ancien député écologiste au Bundestag. Tous deux avaient fait l'objet d'une surveillance en vue d'éventuelles attaques.
De la surveillance aux préparatifs d'attaques
Les comptes rendus judiciaires allemands précisent qu'il s'agit du tribunal régional supérieur de Hambourg. Selon la publication juridique beck-aktuell, les juges ont établi qu'Ali S. avait travaillé pour les services de renseignement des Gardiens de la révolution iraniens et entretenu des contacts étroits avec leur Force Al-Qods, chargée des opérations à l'étranger.
Début 2025, des officiers l'avaient chargé de recueillir des informations sur Schuster et Beck. Il avait ensuite effectué des repérages à Berlin, notamment dans un commerce alimentaire casher contre lequel un incendie criminel était en préparation.
L'opération concernait donc à la fois des personnalités publiques et un commerce civil juif. Le jugement portait sur des préparatifs de violences, et non sur le meurtre accompli de l'une ou l'autre des deux personnes nommément visées.
Le rôle du second prévenu
Selon le parquet, Ali S. avait pris contact avec Tawab M. au plus tard en mai 2025 au sujet d'une attaque contre Beck. L'accusation faisait état d'une tentative de recrutement d'une autre personne et de démarches pour obtenir une arme destinée à l'opération prévue.
Les chefs d'accusation comprenaient des activités de renseignement et une tentative de participation à un assassinat et à un incendie criminel aggravé. Cette formulation juridique compte : une tentative de participation à un assassinat projeté ne correspond pas à l'accusation visant un tireur qui aurait tenté d'abattre quelqu'un. Les deux prévenus se sont vu attribuer des rôles différents et ont reçu des peines différentes.
L'AFP a indiqué qu'Ali S. était de nationalité danoise et Tawab M. de nationalité afghane. Tous deux résidaient au Danemark, tandis que les personnes et le commerce visés par l'opération se trouvaient en Allemagne.
Arrestations au Danemark, procès à Hambourg
Ali S. a été arrêté à Aarhus le 26 juin 2025. Tawab M. a été arrêté au Danemark le 5 novembre 2025. Tous deux ont ensuite été extradés vers l'Allemagne et placés en détention.
Le procès a débuté le 26 juin 2026 et s'est déroulé sur 19 jours d'audience, selon beck-aktuell. Les peines de prison correspondent aux réquisitions du parquet, tandis que les avocats de la défense avaient demandé l'acquittement. Dans son compte rendu d'audience, Iran International a précisé que les deux verdicts pouvaient faire l'objet d'un recours.
L'Allemagne a convoqué l'ambassadeur d'Iran après l'arrestation d'Ali S. Téhéran avait alors rejeté les accusations, les présentant comme une diversion destinée à détourner l'attention de la guerre menée contre l'Iran.
L'organisation iranienne au cœur du dossier
La Force Al-Qods appartient au Corps des gardiens de la révolution islamique, une institution centrale de l'appareil militaire et sécuritaire iranien. Son rôle dans les opérations à l'étranger explique pourquoi une procédure pénale à Hambourg revêt une importance qui dépasse l'Allemagne.
L'Union européenne a officiellement inscrit les Gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes le 19 février 2026. Cette décision a entraîné le gel d'avoirs et des restrictions sur la mise à disposition de fonds à l'organisation. Les condamnations prononcées à Hambourg concernent les actes des prévenus, tandis que l'inscription sur la liste de l'UE constitue une mesure juridique distincte visant l'institution.



