Le Hamas soutient la CPI et demande sa protection face aux sanctions

Le Hamas réclame un soutien international concret à la CPI et accuse Washington de protéger Benjamin Netanyahu contre les poursuites.
Le Hamas a demandé le 9 octobre 2026 aux États de protéger les juges, les employés et les activités de la Cour pénale internationale après les sanctions américaines visant l’institution elle-même. L’organisation terroriste accuse Washington de soustraire le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants israéliens à leur responsabilité concernant Gaza.
Un appel à agir au-delà des condamnations
Dans un communiqué reproduit par le Centre palestinien d’information, le Hamas qualifie les sanctions d’« attaque dangereuse » contre la justice internationale. Il s’adresse notamment aux États parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour, pour qu’ils rejettent ces mesures et apportent une aide concrète.
La demande dépasse la protestation diplomatique. Le Hamas appelle les gouvernements à protéger le personnel et à garantir la poursuite du travail judiciaire, présentant ce soutien comme une obligation conventionnelle. Ses accusations contre les dirigeants israéliens expriment sa position et ne constituent pas des conclusions établies par ce communiqué.
Le Hamas critique aussi l’accueil favorable réservé aux sanctions par Netanyahu, y voyant une tentative d’échapper aux poursuites. Netanyahu défend la position inverse : il remercie Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio et décrit la CPI comme un organisme politique menaçant la souveraineté nationale.
Washington vise l’institution
La nouvelle désignation américaine étend les sanctions de responsables individuels à la Cour elle-même. Les documents du Trésor confirment une mesure fondée sur le décret présidentiel 14203, assortie de licences autorisant certaines transactions, dont le maintien temporaire des activités.
La licence générale 13 permet les opérations concernées de maintien ou de cessation progressive jusqu’au 7 avril 2027. L’annonce n’impose donc pas l’arrêt immédiat de tous les services existants, même si Washington affiche sa volonté de restreindre la Cour.
Rubio affirme que la campagne se poursuivra jusqu’à ce que les Américains ne soient plus menacés par l’institution. L’administration conteste sa compétence sur les ressortissants de pays non membres, notamment les États-Unis et Israël.
La CPI a aussi poursuivi des chefs du Hamas
Les terroristes du Hamas ont mené le massacre du 7 octobre 2023 en Israël, tuant environ 1 200 personnes et en enlevant 251. La CPI a délivré des mandats d’arrêt contre Netanyahu, l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant et le chef militaire du Hamas Mohammed Deif le 21 novembre 2024 ; la procédure contre Deif a pris fin après confirmation de sa mort, tandis que les demandes antérieures visant Ismaïl Haniyeh et Yahya Sinwar ont été retirées après leurs décès.
La Cour rejette les nouvelles sanctions et affirme poursuivre son travail de manière indépendante, sur la base du droit et des preuves. Elle demande aux États membres de préserver ses capacités opérationnelles, au cœur d’un affrontement direct avec Washington sur son avenir.



